Article de blog par David Moser

Bien est mieux que parfait – Pourquoi ne pas viser la perfection

« Toujours viser la perfection » est un principe de gestion bien connu. Des expressions fréquemment utilisées comme « zéro erreur », « zéro stock » et « first time right » sont des exemples de cette quête de la perfection.
Moi aussi, je prêche souvent dans les séminaires Lean Basics que nous devons toujours viser la perfection et le zéro défaut.
Viser la perfection semble une bonne chose, mais est-ce vraiment utile ? D'un point de vue économique, la perfection est en effet loin d'être idéale.

Source de l'image : https://allenvisioninc.com

Les avantages de la perfection

 

La recherche de la perfection présente des avantages évidents :

  • Comme les produits parfaits et les services parfaits ne présentent plus de défauts dans un monde parfait, le client sera – espérons-le – prêt à payer plus cher pour les obtenir.
  • Des produits et des services parfaits signifient des clients satisfaits. Les clients satisfaits reviennent et passent à nouveau commande.
  • En outre, les coûts vont également diminuer. Par exemple, les coûts liés aux retouches ou aux rebuts disparaîtront.

 

La relation entre la perfection et le rendement économique est représentée par la ligne bleue dans la figure ci-dessous. Plus la situation devient parfaite, plus le rendement économique est élevé. Toutefois, cette augmentation s’aplatit progressivement, car chaque amélioration supplémentaire rapporte de moins en moins.

 

L’évolution technique des appareils photo numériques en est un exemple. Autrefois, il y avait une grande différence de qualité entre un appareil photo de 2 mégapixels et un appareil photo de 4 mégapixels, ce qui pouvait justifier une différence de prix considérable. Aujourd’hui, la différence entre un appareil photo de 20 mégapixels et un appareil photo de 22 mégapixels n’a plus guère d’importance. Les économistes appellent ce phénomène la « loi de l’utilité marginale décroissante ».

Avantages et coûts vs. degré de perfection

Inconvénients de la perfection

 

Outre les avantages, la perfection présente également quelques inconvénients. Il n’est pas facile d’atteindre la perfection et plus on s’en approche, plus il est difficile de s’améliorer. Les « low hanging fruits » sont pour ainsi dire déjà cueillis.

 

Le lien entre la perfection et les coûts économiques est illustré par la ligne rouge dans le graphique ci-dessus. On voit ici que les coûts augmentent de plus en plus au fur et à mesure que la perfection est atteinte, car il faut fournir de plus en plus d’efforts pour s’améliorer encore. Ce phénomène correspond à la « loi des rendements décroissants » économique.

 

Le bénéfice final résulte de la différence entre les recettes et les coûts. Le diagramme montre que le bénéfice est le plus important lorsque l’on ne se trouve pas dans un état parfait. Plus encore, dans l’état parfait, il semble que l’on subisse des pertes parce que les recettes ne compensent pas les coûts élevés. La perfection n’est donc pas idéale, ou encore : bien vaut mieux que parfaitement.

 

Le paradis économique ne s’obtient pas par la recherche de la perfection, mais en évaluant soigneusement les avantages supplémentaires par rapport aux coûts supplémentaires d’une mesure d’amélioration.

La simplicité est la plus payante

 

Une deuxième conclusion s’impose à la lecture du graphique. Le rendement le plus élevé est obtenu lorsque l’on fait les premiers pas. C’est là que la courbe bleue monte le plus. Il s’agit en général de démarches simples et peu coûteuses.

 

Plus les étapes sont avancées, moins la valeur ajoutée est importante. N’essayez donc pas de vous améliorer par des étapes avancées tant qu’il y a encore de la place pour des affaires simples. Il s’avère que la simplification de vos processus est souvent le moyen le plus efficace de progresser. « La simplicité est le plus haut degré de sophistication », disait déjà Léonard de Vinci.

 

Dans les environnements complexes, avec une grande diversité de variantes et un faible nombre de pièces, la simplification de la production est moins évidente pour beaucoup. Le Quick Response Management (QRM) constitue une bonne approche pour ces environnements complexes. Le QRM repose sur la stratégie consistant à réduire les délais de traitement en simplifiant la complexité, ce qui permet de gagner des parts de marché et de se développer.

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Source : Pascal Pollet, Sirris ; révisé par : David Moser, Wertfabrik SA